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Cher·es audionautes,
Fouyouyou ! Ça fait un sacré moment que je ne vous ai pas écrit. Peut-être ai-je moins de choses à dire ? Peut-être une forme de lassitude ? Peut-être ai-je été pris dans une rentrée mouvementée ? Peut-être ai-je l’esprit encombré par les ennuis du quotidien. Sûrement une mélange de tout ça.
Bon an, mal an, je reste présent sur le web. Vous pourrez rattraper mes articles à la fin de cette lettre.
Je parle de moins en moins de création sonore ou de podcast. Ce n’est pas du désamour au contraire : je l’ai expliqué dans mon article du mois d’août.
Je traînais un sentiment de désespoir quand à l’avenir de la création. Celle qui prend du temps. Celle qui est invisible. Celle qui interpelle. Celle qui fait du bien au lieu de nous anesthésier. Celle qu’on ensevelie sous des tonnes de contenus consommables. Internet est-il devenu un déversoir de l’inanité générale ?
Certes non, et je vais vous en donner un exemple soufflé par mon petit frère. (Parfois la pensée fait des détours curieux.)
Depuis une année au moins je m’intéresse au beatmaking. J’ai constaté un paradoxe : le marché de niche des appareils musicaux hardware (souvent couteux) est régulièrement secoué par des propositions alternatives comme celle-là . Une volontée assumée de libérer la créativité.
En septembre, l’IA a tout bousculée et selon moi dans le bon sens.
En effet, un obscur fabriquant chinois a sorti un énieme synthétiseur mais, il en a ouvert le code interne. En quelques semaines le FM-1 (c’est son nom) est devenu un phénomène.
La communauté des bidouilleurs s’en est emparé et grâce à l’IA, elle l’a détourné pour en faire plein d’autres trucs, le tout pour 60 balles !
C’est un fait, les limites planétaires vont nous imposer de fabriquer moins donc mieux. Le FM-1 en est la parfaite illustration. Une seule machine, plusieurs utilisations.
Passé “l’effet wahou”, j’ai compris qu’il s’agissait d’une victoire par KO de l’open-source sur un marché hardware fermé, et ce changement de paradigme va accélérer.
La création musicale en sortira gagnante. De plus en plus de gens, dont moi, vont s’y essayer et le coût à l’entrée va s’effondrer.
Je suis un homme du 20e siècle habité par la lenteur et l’errance. Débutant en musique, j’ai cerné mes limites. Elles sont en train d’exploser sous mes yeux.
L’internet que j’aime, celui du remix collectif et ouvert vient d’obtenir une immense victoire. Cette dernière va me permettre d’arpenter un territoire que je croyais inaccessible et c’est tant mieux.
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Bon dimanche
– Dimitri
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Blogueur & comédien, passionné par le web et le son. Dimitri Régnier écrit et enseigne à Nantes. Si ça vous a plu, recevez ses articles une fois par mois.
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