Il y a quelques jours. Un partenaire professionnel m’a demandé de conseiller deux étudiantes pour lancer un joli projet de podcast. Un long entretien pour les aider à structurer leurs idées et donner quelques clés techniques pour commencer.

Lorsqu’on s’engage, il y a toujours de petits blocages avant de démarrer. J’aimerais en expliquer les fondements.

Pourquoi ?

C’est la première question que je leur ai posée. En effet, la passion et les tutoriels ne suffisent pas pour passer au concret. (Enfin, ça dépend pour qui.) 😉

Je leur ai dit de mettre tout à plat avant de penser à l’opérationnel. Les injonctions productivistes (et économiques) de notre époque nous font parfois perdre ce réflexe. Partir vers le comment en négligeant le pourquoi. Je ne fais pas exception et j’en mesure l’origine : la peur, celle du recul. Écrire n’est pas naturel et porte son lot d’incertitudes. Et si l’idée était mauvaise ou sans intérêt ? En effet, la coucher sur le papier c’est risquer de s’en rendre compte. Or, s’y accrocher peut la rendre fragile. C’est comme ça.

Mes deux étudiantes ont employé un néologisme issu de l’affreuse langue managériale : le verbe challenger. Ce verbe revêt une réalité simple : soumettre à la réflexion. Comme un illustrateur qui ne pourra se passer d’un croquis avant de réaliser son dessin.

En ce moment, j’ai décidé de laisser mûrir Le Mégaphone et tout le reste. Il faut donc que je couche ça quelque part, comme ici. Pas le choix.

Le cordonnier le plus mal chaussé.

Avant l’été, un autre partenaire m’a demandé de l’aider à formaliser un projet audio. Même punition que mes deux étudiantes :

  • Moi : OK mec, envoie-moi un écrit.
  • Lui : D’accord, mais moi c’est pas mon truc.
  • Moi : Force-toi. Je ne peux pas partir de rien. Où alors rendez-vous autour d’une bière.

On n’a pas bu de bière et j’ai reçu sa note. 😆


Je connais de mieux en mieux mes limites. Je prodigue facilement des conseils, mais je suis incapable de me les appliquer à moi-même. Par ailleurs, je suis quelqu’un d’assez lent. J’aime prendre mon temps : tourner et retourner mes idées. Un besoin structurel motivé par 3 choses.

  1. Écrire et fournir un peu de jus de cerveaux. (Désolé pour l’image)
  2. Laisser reposer et voir si ça tient toujours la route.
  3. Organiser, planifier (Souvent dans ma tête) et demander conseil.

Lorsqu’on s’engage dans une production culturelle, difficile de savoir quand il faut se lancer. Comme le disait Jacques Brel : “Le plus dur n’est pas de voyager, mais d’aller à la gare”. Il avait raison. Moi, j’y vais quand je me sens prêt.

Alors, comme mes deux étudiantes, j’interroge. Cette phase est nécessaire. Elle n’a qu’un but : recevoir la validation d’un pair. En général, c’est le dernier stade.

Une révélation ?

Ceux qui me fréquentent le savent, je suis curieux des autres. C’était l’objet d’une émission pendant deux saisons et demie. C’est même la première affirmation de ma page pro !

En écrivant ces mots, je réalise avec un mélange d’épouvante et d’excitation que quelque chose prend forme. Une cohérence. Nombre de mes amis me l’ont pourtant signifié, mais j’étais infichu de l’intégrer. Alors, concluons et tentons d’expliquer.

  1. Animer une newsletter c’est inspirer et donner envie.
  2. Questionner dans mes productions audio c’est rencontrer les autres.
  3. Écrire ce blog c’est prendre du recul.
  4. Enseigner c’est partager ce en quoi je crois.

Tout ça mis bout à bout révèle que je suis un passeur. Certains de mes partenaires et même de mes clients l’ont compris depuis longtemps.

Alors, L’enjeu de cette saison se résume en une question. Comment faire entendre tout ça au plus grand nombre ? Spoiler : j’ai déjà ma petite idée.

À suivre…

ME RÉPONDRE

La diffusion des Archives de l’Insondable continue tous l’été.

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Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Crédit photo © 2021 • Ernesto Timor