J’ai fait le choix d’être un créatif, mais ce n’est pas parce que je l’ai décidé que les autres me perçoivent comme ça. Cette perception extérieure prend beaucoup plus temps. Je renvoie (encore) l’image d’un ancien acteur. Producteur d’émotions, c’est à ce titre qu’on me sollicite. Si vous jetez un œil sur ma page de présentation vous constaterez que je ne fais pas mention de l’enseignement qui est pourtant une part importante de mon activité. Jusqu’en mai 2018 je me présentais de cette façon. C’est comme cela que l’on me perçoit encore aujourd’hui. Comme j’aime beaucoup le web, je mets à jour cette page pour qu’elle corresponde le mieux possible à ce que je veux faire. Vous le voyez la rédaction web a disparu ainsi que l’enseignement.

Avoir SON espace sur internet permet de se valoriser. D’affirmer son identité numérique bien mieux que n’importe quelle plateforme sociale. (Mais je digresse).

La version de ma page de 2018 correspond à ce que je disais de moi à l’extérieur (carte de visite à l’appui). Mes clients, qui ne sont pas ceux qui me lisent ou m’écoutent, sont donc restés sur la première image. Logique. D’ailleurs, pour la petite anecdote, Google a bien saisi le changement. Mais pour le coup, il est bien le seul. (J’éxagère à peine). J’ai cru naïvement que mes quelques réussites dans le domaine de l’audio allaient, de fait, aider à m’identifier comme producteur sonore. Ça ne marche pas comme ça. D’autres facteurs entrent en jeu. Fort logiquement, mon changement de direction s’est traduit dans les posts que je laissais sur les réseaux sociaux comme Linkedin. On sait la faible portée des réseaux sociaux dans ce domaine et la dissonance que cela génère ; entre l’histoire que l’on raconte de soi et la triste réalité.

Il me fallait prendre une décision sur le contenu que je voulais produire, afin de retrouver cette cohérence d’image. Problème, avec cette pandémie et depuis la réouverture des terrasses au mois de mai 2021, impossible de faire du son pour mon plaisir.

J’ai donc essayé autre chose comme ce blog. À force d’écrire régulièrement, je me suis dit que d’autres idées allaient venir, en fait non. Pourquoi ? La dissonance est toujours là. Tout récemment, j’ai identifié que je me refusais à aller au bout de ce que je fais déjà. La production de contenus, écrits, veille, podcasts fait partie de mon travail. Un travail que j’ai choisi, mais que je me refusais de valoriser comme tel. Pensant que ça n’en valait la peine et l’isolement n’a pas aidé.

Lors des dernières Utopiales, j’ai eu le plaisir de parler avec des personnes qui apprécient vraiment ce que je produis. Cette piqure d’humanité m’a fait un bien fou. Tout ce qui m’avait manqué c’était une preuve tangible. Oui, on me lit. Oui, on m’écoute. C’est juste qu’on ne me le dit pas. Un ❤️ ou un 👍 ça ne remplacera jamais quelqu’un vous sert dans ses bras en vous disant merci. Nous sommes des êtres sociaux et ces gestes nous sont nécessaires, voire vitaux.

Hier encore j’ai diné avec des personnes qui ont parfaitement identifié ce que je veux faire aujourd’hui. Alors, il temps pour moi de reprendre mon micro, je ne sais pas encore comment ni quand. Mais, je peux vous promettre une chose, ça va revenir.

En attendant, je vous propose d’écouter cet épisode de Ma chanson préférée que j’avais eu tant de mal à écrire.


ME RÉPONDRE

Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Crédit photo : Dimitri Régnier (2021)