En marge de la sortie de l’épisode 2 saison 7 de Ma chanson préférée j’ai décidé de publier le texte de ma chronique.

En comparant mes suggestions avec le montage final, je trouve que publier le texte rend justice au très beau travail d’Hervé Hauboldt.

Bonne écoute.

Ma chanson préférée

Je fuis la tristesse. Je ne l’aime pas. Me réfugier dans l’abattement ce n’est pas mon truc. Je ne comprends pas les personnes qui font ça. Alors, quand il a fallu choisir un morceau sombre pour me donner de l’inspiration. Me mettre dans cet état émotionnel négatif. J’ai paniqué. Que dire d’un sentiment qu’on déteste. Qu’on méprise. Qu’on fuit comme la peste. Pourquoi chercher la souffrance ? L’abandon, l’amertume, et la nostalgie. Quel plaisir peut-on y trouver ?

Oh des musiques tristes, j’en connais des tas. Tenez, ça par exemple :

Petite respiration courte sur l'intro jusqu'à l'arrivée du thème au violon

Vous l’avez reconnue ? La liste de Schindler interprété par Itzhak Perlman et le Boston Symphonie Orchestra pour la bande originale du film du même nom. Magnifique n’est-ce pas ?

Petite respiration

Pourtant, je ne l’aime pas. Pas pour ses qualités indéniables - John Williams est un de nos grands compositeurs de 20e siècle - mais parceque j’ai la sensation qu’on me dépossède de mes émotions. Qu’on m’oblige au malheur. Bien sûr la tristesse, on ne la maîtrise pas, mais ce morceau doit est associé au film de Spielberg, c’est tout.

Petite respiration

Depuis toujours, je cherche l’éclat des petites choses. Le goût d’un café, le rayon de soleil d’un matin d’automne, le craquement d’un disque vinyl, l’odeur de cuisson d’une sauce à la tomate fraîche. La liste est infinie. (Sourire) Ces petits riens qui rendent la vie si surprenante, si passionnante et si belle.

J’aime avancer sans peur. Je veux traverser des épreuves. Je veux vivre des aventures. Je veux faire des rencontres. Je veux aimer partout. Je veux verser des larmes de joie après l’amour, mais surtout je veux fuir la grisaille.

Respiration

Bien sûr comme nous tous je ne serai pas épargné par les accidents de l’existence. Bien sûr comme nous tous, je serai touché par les regrets, les pardons, la honte, les départs, la maladie et la mort. Sans doute.

Et alors ?

Est-ce pour cela que l’on doit se faire souffrir en écoutant un morceau qui inspire la peine ? D’évoquer un sentiment dont je veux à tout prix me préserver. Et vous ? Peut-être n’entendez-vous pas la douleur, et le désenchantement ? Après tout, nous sommes tous différents.

Là où vous entendez de la noirceur. J’entends de la lumière. Là où vous entendez du repli. J’entends de l’ouverture. du lyrisme, de l’espoir, des rêves, des paysages et du talent.

Alors je vais faire quelque chose d’étonnant…

Cut brutal

Voilà… Sortez doucement de l’émotion.

Quelques chants d'oiseaux et la ville qui s'éveille...

Ennuyez-vous un peu…

Ambiance au choix

Et si le coeur vous en dit, prenez votre téléphone et envoyez un message ou une pensée à quelqu’un que vous aimez. Souriez à votre voisin de métro ou de bureau. Bref, faites quelque chose qui illuminera votre journée. Faites quelque chose de beau.


Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Photo : Pierre Gui