Il y a un rapprochement entre l’activité qui me fait vivre (la prise de parole éducative) et celle que j’essaye de promouvoir (la production sonore). Elle tient en une seule expression : faire jaillir de la parole. Une passion qui j’ai chevillé au corps depuis longtemps. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, j’ai renoncé à être un acteur de métier. Par contre, j’en conserve l’histoire, les connaissances et le plaisir d’exercer cette activité quand l’occasion se présente.

Je suis toujours en quête de cohérence, celle que je mets derrière le terme Producteur d’émotions. Il y a quelque temps, j’ai animé un atelier unique sur la confiance en soi dans un lycée de ma région. Parallèlement, j’ai été sollicité pour en un autre sur la prise de parole éducative dans un format ludique.

Cela m’amène à partager mon expérience sur l’oralité et les enjeux qu’elle sous-tend. Jusqu’ici, j’avais tendance à m’en tenir au partage sincère de mon engagement sur les sujets liés à la prise de parole en piochant dans mon savoir-faire théâtrale.

La littérature consacrée à la prise de parole en public est abondante. Il suffit de faire un tour en librairie pour s’en rendre compte. J’ai remarqué qu’elle se résumait trop souvent à des méthodes, des trucs ou astuces. Mais rares sont les auteurs, à part peut-être Stéphane André ou Bertrand Perier à aborder ce sujet par l’étude. Ce qui me paraît être la bonne manière de voir.

Depuis quatre ans, j’ai beaucoup appris sur le terrain en expérimentant avec mes élèves. Faire la somme de ce travail me semblait une tâche colossale étant donné la modestie de ma démarche. Mais surtout, j’ai trop longtemps été éloigné de la pédagogie pour me lancer dans l’écriture d’un livre sur ce sujet. Enfin, mes objectifs personnels sont ailleurs.

Néanmoins, il fallait réveiller mes réflexions, pour que ma pratique se nourrisse d’elle-même. Heureusement pour moi, j’ai la chance de tenir un cours récurrent. Parallèlement à ce travail, j’ai fait la découverte de Porter sa voix de Stéphane de Freitas, un ouvrage qui sommes des années de procédés, de tentatives et d’exercices sur le sujet. Bingo ! Quelqu’un d’autres avait fait le boulot à ma place. Et quel travail !

N’étant pas pédagogue de métier, j’ai appris avec mes élèves. Désormais, il me fallait ancrer cette pratique dans une méthodologie. Ce qui m’a particulièrement intéressé dans ce livre, ce sont le conseils qui sont donnés à l’animateur. Il ne sont jamais dogmatiques, mais ils incitent à chercher la posture qui convient face à un groupe et à déterminer des objectifs simples.

J’ai compris qu’il ne fallait être ni trop exigeant, ni trop ambitieux. Mais garder la mesure de la dynamique d’un groupe, car c’est le groupe qui fait progresser le l’individu.

En appliquant cela, c’est-à-dire en trouvant l’équilibre entre l’écoute du groupe, ces formes d’expressions singulières ET la place d’observateur qualifié que je me dois de tenir, je suis arrivé à des résultats significatifs. Permettre à des jeunes gens de s’emparer de leur propre parole avec authenticité, honnêteté et pertinence.

J’ai bien conscience que c’est encore perfectible, mais j’ai retrouvé le plaisirs que j’avais il y a quelques années lorsque je donnais des cours de théâtre.

Si vous pensez qu’il y a un enjeu démocratique derrière l’apprentissage de la prise de parole, je vous conseille de visionner cette vidéo. 👇


Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

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