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Si vous me suivez ici, vous savez que je m’intéresse depuis quelque mois à la musique. Plus précisément, j’ai entrepris d’apprendre publiquement à en fabriquer avec mon petit sampler/séquenceur de poche le PO-33 KO!. L’objectif est simple, progresser dans un domaine que je ne connais pas en m’amusant, ce qui est la meilleure façon d’apprendre, peut-être même la seule.
Suite à ce post sur mastodon de mon ami Poirpom, j’ai découvert la chaîne YouTube @RADIO GISCARD qui se présente ainsi : Radio Giscard est une station de radio française fictive diffusant de la musique originale d’une France parallèle des années 1970, comme si elle avait été enregistrée aux Studios Ferber en 1977 et jamais vraiment publiée. Une capsule temporelle du son français des années 1970, inspiré par Vladimir Cosma, Michel Colombier, Roger Roger et l’âge d’or de la production de bibliothèques sonores.
D’accord.
Passé l’étonnement et un même certain plaisir à la première heure d’écoute, un sentiment de lassitude m’a envahi. Avec une nouvelle playlist publiée par semaine, cela ne fait aucun doute. RADIO GISCARD est générée IA (en tout cas en partie). Pas de jugement moral là-dessus, je me suis juste dit “bien joué” ! Un prompt savamment élaboré et des références musicales finement choisies et c’est parti. Seulement voilà, quelque chose m’a fait tiquer.
Même si la personne derrière cette chaîne YouTube parle de radio fictive, elle évoque de la musique “originale”. Ah bon ? Vraiment ?
Ne m’étant pas intéressé au phénomène, j’ai voulu mieux comprendre à quel point l’industrialisation de la musique générée par IA était massive et j’ai consulté cette enquête récente du journal Le Monde.
À ce stade vous devez vous dire, oui d’accord rien de nouveau sous les tropiques. On sait déjà que la musique générée par IA a complètement envahi les plateformes de streaming (et pas que) mais quel est le rapport avec toi ? Attendez, j’y viens.
Vous me connaissez, je suis curieux. J’ai voulu me faire ma propre opinion en ouvrant un compte sur ce fameux Suno, afin de me rendre compte par moi-même.
Puisqu’en ce moment, je fabrique des petits beats rigolos…
Pourquoi ne pas en donner un à manger à l’IA et écouter ce qui en sort, au moins pour la science ? Et voilà le résultat en quelques clics.
Passé l’effet waouh, plusieurs remarques m’ont traversés l’esprit : qu’est-ce que je fais de ces machins là ? Hors de question de publier ça ailleurs qu’ici. Je n’ai pas envie de passer pour un idiot suffisant (en mode “c’est moi qui l’ai fait”) comme l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer.
Est-ce que j’ai pris un peu de plaisir à faire ça ? Pas le moins du monde. (J’en prends beaucoup plus à vous le raconter.) OK, c’est techniquement très fort. Ça va s’améliorer et il va falloir vivre avec ça. Et ? Bah, c’est tout.
Dernière question : qu’est-ce j’ai appris ? Rien du tout, et je n’ai pas envie (comme la brave fille du reportage) de tenter de faire le buzz ou d’industrialiser le processus comme RADIO GISCARD. Devoir mettre en place un flux de travail automatisé complet avec la communication sur des réseaux sociaux, que par ailleurs je vomis, le tout pour espérer, peut-être, ramasser un peu de thune ! Vous savez quoi ? Ça me fatigue rien que d’y penser.
Alors maintenant, on fait quoi ? Vous, je ne sais pas, mais moi je vais derechef fermer mon compte Suno et je vais sortir avec mon petit séquenceur de poche juste pour le plaisir.
P.S : si les 4 fichiers ci-dessus vous plaisent, téléchargez les. Moi, je n’en ferai rien.
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Blogueur & comédien, passionné par le web et le son. Dimitri Régnier écrit et enseigne à Nantes. Si ça vous a plu, recevez ses articles une fois par mois.
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