YouTube règne en maître absolu sur la production de contenus vidéo. Pour qui veut de la visibilité pour ses créations sur le web c’est un incontournable. Mais, est-ce vraiment le cas ? Cette question est d’autant plus importante pour moi qui ne fais que du son.

Je donne un cours sur l’art de l’interview, dans lequel j’essaye de démontrer la supériorité imaginaire du son et les possibilités infinies qu’il donne. À la fois sur le plan formel et sur l’exercice lui-même.

Pour certains de mes élèves, le sujet est tranché, il faut y aller un point c’est tout, sans interroger une seconde la pertinence de ce choix, les contraintes de la plateforme et j’en passe.

Comme je suis quelqu’un d’ouvert, je me suis dit : pourquoi pas. Rien de compliqué, l’excellent YouPod permet de transformer facilement un son en vidéo. Je verrai bien. Et bien, j’ai vu.

Je vais être clair, je n’ai rien contre YouTube. C’est une plateforme avec ses principes. Si l’on est civilisé, on ne se comporte pas comme un sagouin en faisant n’importe quoi. Quand on n’est pas chez soi, on accepte les règles de celui qui nous accueille. Rien de choquant là-dedans.

Je considère Le Mégaphone comme un exercice qui relève de la radio et de ces droits et devoirs. Si YouTube doit m’en imposer d’autres (les siens) alors il n’est pas fait pour moi. La démonstration fut limpide lorsque j’ai voulu uploader mon 6e épisode qui comporte des extraits musicaux dont les ayants droit ne souhaitent pas la diffusion. OK. L’expérience s’arrêtera là.

Je ne veux pas entrer dans une polémique de droit dont YouTube est régulièrement l’acteur. En tant que podcasteur, je n’exploite aucun contenu dans un but mercantile, mais ça, YouTube ne le sait pas. Il applique son règlement. Normal.

Cette expérience est intéressante. YouTube est une plateforme marchande, ça ne fait pas débat. Et donc, n’est pas pensé pour les créateurs qui croient à la richesse dans la mixité de sources. Que la création s’enrichit de la diversité, à condition bien sûr, de ne pas abuser du travail d’autrui.

Et moi, je crois à l’internet du remix, je crois que des œuvres qui circulent c’est mieux que des œuvres qui dorment. Alors, je n’irai pas sur YouTube.

Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

ME RÉPONDRE