Ça peut paraître curieux de poser la question, mais ça mérite d’y réfléchir. Quand je dis podcast, je pense natif, c’est à dire créé pour une diffusion sur le web. Si l’on s’en tient aux chiffres, le chemin semble bien long. (2%)

Comme on peut le voir ici, les usages sont encore dominé par le broadcast. Il ne faut pas être grand sorcier pour comprendre que tourner le bouton d’un appareil que l’on a toujours eu dans sa cuisine est un geste banal depuis des décénnies. (53 %)

Depuis quelques années, il semble logique pour une radio de placer ses émissions en podcast. C’est parfois fait à la va vite, sans prise en compte des particularités du web (titre, ajouts de métadonnées, description complète, liens complémentaires, etc). Elle ne s’embarrasse pas vraiment de retravailler son contenu, elle le pousse en ligne. N’y voyez pas de jugement de ma part, je constate. (4%)

À contrario, les podcasts mis en onde ne sont pas légion (mais ça change). Radio France et quelques autres ont un service ou des émissions sur internet. Très peu font le chemin inverse. Ma question n’est donc pas aussi bête qu’elle en à l’air.

Les Français sont très attachés à la radio, c’est pour cela que la principale porte d’entrée vers le podcast reste le replay. L’écoute sur le web reste une niche pour une seule raison : sa découvrabilité.

  1. Il n’y a pas de Youtube du podcast, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.
  2. Les index, les catalogues et autres moteurs de podcasts sont peu connus.

On peut citer PodcastIndex, ListenNotes ou pour les francophones podCloud. L’un de mes préférés, bien qu’incomplets, c’est pod.link.

Mais, revenons à ma question principale. Ma réponse est OUI, si les choses sont faites en bonne intelligence. Les radios ont besoin de contenus, les créateurs de visibilité. Et si la création sonore en ligne accédait au réseau des radios associatives pour élargir leur audience ? C’est le pari que je fais avec SUN. À ce jour, 3 stations francophones vont diffuser Les Parenthèses du Mégaphone en hertzien. KOI Fm (La Réunion), RPL (Pays Lorrain), Radio Campus Corté (Corse), j’en espère d’autres.

Si les Français sont si attachés à l’écosystème des radios, c’est que (excusé du peu), le réseau associatif est un des dernier environnement média ou le pluralisme est encore de mise. Faites le test vous-même et parcourez la bande FM dans votre région.

Ma conclusion est simple. Vous êtes créateur•ice de contenu audio ? Allez donc discuter avec les radios. Il n’y a pas d’el Dorado pour la production sonore. Mais exister en élargissant son audience est (je crois) tout à fait envisageable. Et au passage, c’est l’occasion de s’informer sur son fonctionnement, ça tombe bien, j’adore apprendre des trucs.

Je ne fabrique pas du son par défaut. J’aime ça, et je veux faire reconnaître ce travail. Le podcast progresse dans les usages, mais il n’offre pas encore la possibilité d’en vivre, à moins d’entrer dans un système marchand (ce qui n’est pas mon propos). Je demeure positif malgré tout, ce que j’expose ici n’est que le fruit de ma petite expérience. Il me reste sûrement beaucoup à explorer. Castopod m’autorise une grande autonomie et fait un travail sérieux en me donnant au passage un accès au Fedivers. Ils sont les seuls à le faire.

Je sais que le chemin est encore long, à moi de tenir le cap, de continuer à produire modestement sans pression inutile. Et si c’est à la radio et/ou sur le Fédivers que je dois mon salut alors, qu’il en soit ainsi.

Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

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