En marge de la sortie de l’épisode 6 saison 5 de Ma chanson préférée j’ai décidé de publier le texte de ma chronique. Ça me fait plaisir.

Bonne écoute.

Ma chanson préférée

Chercher de la chanson parfaite. Celle qui exprime les joies de l’adolescence. M’y replonger pour mettre du peps dans mes réveils difficiles. Je le fais régulièrement. Je sonde les tréfonds de ma mémoire, afin d’y dénicher le titre bondissant et mélancolique que j’aurais envie d’écouter demain matin. Et vous savez quoi ? Je l’ai retrouvé… [Intro 0:17 sec]

Les plus âgés l’auront reconnu. Il s’agit d’I don’t want to be a hero par Johnny hates Jazz sorti en 1987. Tous mes étés d’ado sont là. Les fous rires et les amours contrariés, la barbapapa et les slips de bain fluo. Non, mais écoutez-moi ce chorus de midinette. [20 sec]

Des visions d’insouciance. Les interminables préparatifs dans la salle de bain familiale. Les premières sorties en bande aux saveurs menthe à l’eau dans l’unique bar la plage. Les séances de cinéma et les stratégies complexes pour s’approcher de la fille que l’on convoitait. Les bains de minuits qui achevaient de noyer la timidité juvénile pour le sourire d’une jolie blonde. Les fêtes improvisées autour d’une platine vinyle. Des pas de danse inédits pour espérer impressionner. Des mains qui se cherchent et des regards qui se trouvent. La découverte de la chaleur d’une autre. Le plaisir simple de bouger son corps sans tabou, mais ça, on le comprendra plus tard.

Lyrique, suranné, commerciale et sucrée. Le cocktail idéal pour replonger trois minutes dans l’insouciance. Chanter bêtement en yaourt. Sentir le sable trop chaud comme si on y était.

Écouter ce titre aujourd’hui avec le pommeau de douche en guise de micro. C’est se rappeler que rien n’a changé, que le garçonnet complexé a disparu dans la nuit des années 80, car il fallait rentrer.

Regardez-le, les yeux clos, et quelques années de plus, se prendre pour un chanteur de charme. Il ne connait toujours pas les paroles, mais il a 14 ans dans sa tête et du velours gris sur les joues.

Le coeur bondissant d’espoir regonflé, comme un adolescent qui sourit à la jolie blonde croisée dans la rue. La journée sera belle et la musique s’évanouira dans le jour. Elle laissera derrière elle le garçon pleurer ses amours disparus. Ne t’inquiète pas petit, écoute et souviens-toi. Ça fait du bien. Tu ne le sais pas encore, mais des amours il y en aura d’autres.

Écouter ce titre et tant d’autres qui me reviennent en mémoire c’est réveiller mon corps et une partie de mon histoire. Redonner une fonction au-delà de la musique elle-même celle de faire palpiter le coeur et de mettre des étoiles dans les yeux.


Je suis @dimregnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si tu apprécies ce travail, merci de faire un don. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Photo : Pierre Gui