J’ai enfin compris pourquoi, après tant d’années, je suis encore réticent à revenir au métier d’acteur.

Depuis que je fais du son, la voix off et la fiction occupent une petite place sympa dans mon activité (Les Archives de l’Insondable ou l’Almanac’h). Pour deux raisons :

  1. Le plaisir de composer des personnages.
  2. Ma voix est appréciée (et ça fait plaisir).

Ce qui me plaît dans le son, c’est son potentiel narratif conjugué à sa fabrication, le tout pour un prix raisonnable. (Sans parler de la liberté qu’offre le podcast.)

La réflexion, l’écriture, la captation, le montage, la réalisation. Tout m’intéresse. Même la musique.

J’ai la sensation que je pourrais tout maîtriser. C’est en partie le cas. J’ai des lacunes, comme l’écriture ou le soundesign, mais rien d’insurmontable.

Comme je l’ai évoqué dans cet article, j’ai collaboré avec Manon Ribat, réalisatrice chez Pop’ Média. Un vrai travail d’acteur. J’ai aimé être dirigé, mais j’ai eu l’impression d’être dépossédé. La sensation de maîtrise que j’évoquais juste avant s’est envolée.

Ce que Manon fait de ma voix ne m’appartient plus. C’est troublant. Après l’enregistrement, la suite est entre ses mains. J’en ai conçu une affreuse jalousie. Rien à voir avec Manon vous l’avez compris. J’interroge ici sur MON rapport à la création.

Depuis 4 ans, je conçois mon activité sonore comme profondément solitaire. La situation sanitaire n’a pas aidé. Depuis quelques temps, ce rapport a changé. Je suis en quête de collaborations. Cela implique une part de renoncement. Jusqu’ici cela ne m’était pas apparu. Notamment avec Les Archives de l’insondable où les rôles de chacun sont bien définis, mais aussi parce que ma collaboration (bien que sérieuse) est surtout amicale.

J’ai pris conscience que la part solitaire de mon travail devait prendre une autre direction. Cela fait plusieurs mois que je réfléchis à la suite du Mégaphone comme un espace de création, et non comme un énième podcast de gens qui parlent de trucs.

L’expérience avec Manon a été salutaire. J’ai décidé de réaliser de temps en temps des travaux selon l’inspiration du moment en me fabriquant ma propre matière, tournage, écriture, musique. Sortir du “podcast”. Quelque chose qui s’approcherait des One Minute, mais sans le caractère imposé, ou plutôt imposé par moi seul. D’ailleurs, ma veille d’écoute a changé et mes sources d’inspirations aussi.


Ceci ne m’appartient plus et c’est très bien comme ça. ⤵️


ME RÉPONDRE

Suivre les podcasts de Pop’ Média :

Podcastics Apple Spotify Deezer Google RSS

Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Photo de couverture : Dimitri Régnier (2021)