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Une idée m’obsède : écrire. Un truc qui m’est tombé dessus. Écrire c’est gratifiant, c’est vrai, mais écrire quoi ? J’ai listé les thématiques que je souhaite aborder. Y en a beaucoup, trop en fait, mon dossier draft est rempli de début d’articles comme celui-ci.
Nourrir la tête.
✅ Première étape : fiche la paix à mon cerveau. Me couper de tous les flux d’infos, sauf ceux qui pourraient lui donner à penser, à prendre un peu de distance. Pour cela je documente le plus possible (Podcasts, vidéo, articles, etc.) c’est le rôle de ce blog pour pouvoir y revenir plus tard.
✅ Deuxième étape : vivre, observer avoir de nouvelles expériences et provoquer des rencontres. C’est que je fais en permanence. J’utilise la moindre occasion du quotidien pour m’inspirer, rire et parfois critiquer.
🔲 Troisième étape : écrire et faire la synthèse de tout ça. Partager un certain résultat et lui donner une forme. Ça, c’est en cours.
Et après ?
Cette routine est ancrée depuis 2018. Le démon de l’illégitimité aura beau me souffler à l’oreille : “Pourquoi tu t’inflige ça ?” ou “mais ça, tu ne sais pas le faire.”, je continuerais.
Car l’idée est là. Elle ne veut plus partir… Alors pourquoi c’est si long, si difficile ? C’est simple. Écrire m’a appris à comprendre comment je fonctionne. Je suis lent. Je suis un improvisateur et comme tous les créatifs, ça se construit tout seul en laissant travailler les étapes évoquées plus haut.
Puis, vient la forme. Dans une interview récente Alexandre Astier déclarait : “Quand on invente de manière très honnête, très sincère, très authentique et qu’on a envie de rien tricher, de vraiment mettre sur un papier (ou autre) quelque chose qui sort vraiment de soi, faut bien comprendre que le corps résiste, il veut pas. Il ne veut pas lâcher. C’est un arrachement. Alors, il faut être gentil avec soi-même.” […] Puis il conclut “Dès fois, ça prend du temps mais ça vaut le coup”.1
Dans une société qui privilégie l’efficacité - et je ne vous parle pas de la fable du mérite - cette attitude n’est pas rationnelle et pourtant.
On peut prendre du plaisir à se retrouver seul avec soi-même, avec ses doutes, ses angoisses, ses questions et vouloir donner une forme à tout cela.
Dans L’art subtil de s’en foutre, Mark Manson écrit la chose suivante : Plus tard, la vie nous apprend à éviter l’échec. Le système scolaire en est largement responsable tout y est rapporté à la performance. Les individus sont évalués sur cette base, et ceux qui ne se conforment pas au cadre sont sanctionnés. Démesurément autoritaire ou passablement réprobateur les parents ne sont pas en reste et ne lâchent pas suffisamment la bride à des enfants sous cloche aseptisée, trop contraints dans leurs initiatives. Et puis il y a tous les médias de masse qui nous abreuvent de réussites spectaculaires sans nous montrer les milliers d’heures d’entraînement nécessaire pour les atteindre.2
Bloguer, c’est s’entraîner. Coucher calmement sur le clavier l’écart entre ce que je suis, ce que je veux exprimer et lui donner une forme, ici un texte. Assumer que le résultat sera toujours imparfait, incomplet mais sincère et recommencer encore.
Si faire ça sans rien attendre d’autre c’est ringard ! Et si, au passage, cela me permet de croiser d’autres personnes qui, comme moi, considèrent que s’interroger sur notre pauvre condition humaine est une hygiène de vie, alors je veux bien être ringard.
Pour conclure, je citerai Austin Kleon : “La meilleure façon de montrer ce que vous savez faire est de réflechir à ce que vous voulez apprendre, et à vous engager à l’apprendre en public.” […] “Publiez ce que vous aimez, et les personnes qui s’y intéressent également viendront à vous.”3
Article du 25 juillet 2021 mis à jour
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Blogueur & comédien, passionné par le web et le son. Dimitri Régnier écrit et enseigne à Nantes. Si ça vous a plu, recevez ses articles une fois par mois.
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