En ce moment, je réfléchi beaucoup à une pratique numérique plus humaine, plus soft. Sortir de la course à l’attention conditionnée par les réseaux sociaux. J’aime Internet. Certes, c’est un endroit, bruyant, et bordélique. Mais c’est aussi un lieu ou l’on peut décider de faire des choses librement et, si possible, intelligemment.

Ce blog, mes podcasts ou encore ma newsletter sont à l’image de cette philosophie. Produire du sens, de la culture ou du savoir modestement, sans demander l’autorisation à qui que ce soit. La liberté quoi. La vraie.

Nos sociétés contemporaines ne comprennent rien à cette philosophie. En laissant prospérer le sacro-saint Marché, elles privilégient la rémunération de la rente à celle du travail. C’est un projet de société qui n’est pas le mien.

L’arrivée des réseaux sociaux en 2002 est en parfaite adéquation avec les dogmes libéraux. Chacun s’est alors mis à produire pour Facebook et consort comme ça gratos, sans contreparties. On lui a même donné un nom : du contenu ça s’appelle. Un pan entier du capitalisme s’est greffé là-dessus espérant récupérer un petit bout d’attention que les réseaux pourraient gracieusement leur accorder. Et si on veut plus, il faut payer.

J’ai essayé pendant de nombreuses années d’amener de la qualité sur les réseaux. Mais, l’économie de l’attention progressant en même temps que les réseaux grossissaient, mes contenus trouvaient de moins en moins d’échos. La réflexion et la culture ont fini submergées, par les clashs, l’émotionnel, les productions formatées et les vidéos de chats.

J’ai parfois cédé à la communication facile et au bruit inutile. Espérant capter un peu d’attention. Et puis j’ai fini par jeter l’éponge. Trop fatiguant, trop chronophage pour un modeste freelance. Aujourd’hui, j’essaye d’être pragmatique.

Il y a quelques semaines, je me suis posé la question du bénéfice/coût de ne plus être présent sur les réseaux, comme ça, bêtement. Le plus gros gain, c’est sans conteste : le temps. Ça tombe bien, c’est LA ressource que je veux à tout prix sauvegarder.

Internet c’est de l’écrit

La surmultiplication de services plus ou moins utiles et plus ou moins payants n’a qu’un seul but : tu viens chez moi et tu y reste - si tu peux lâcher des brouzoufs, c’est bien aussi. Faire de la résistance et reprendre sa liberté est un vrai défi, vraiment. Aujourd’hui, je crois que j’y arrive. Je ne paye plus pour Netflix et depuis peu je ne paye plus pour Spotify.

Pourtant, comme tout le monde, j’aime les films et la musique. Je pourrais me laisser bercer par des propositions algorythmées, mais non. Je préfère tenter ailleurs, essayer des trucs, comme à l’époque des CD de la Médiathèque du coin. Prendre un disque parce que la pochette est jolie, trouver ça nul, en prendre un autre et ainsi de suite…

Désormais, je fais pareil pour tout. Trouver un blog ou une newsletter, s’abonner, lire un peu, écrire au proprio pour lui dire que c’est cool, se faire un nouveau copain et recommencer. Quand je vous disais que le flux RSS c’est le meilleur réseau social du monde. Dernièrement, j’ai découvert un type qui écrit et diffuse des jeux de rôle en une page ! Fascinant. Et pour la zic je traine sur Bandcamp. J’écoute au hasard, parfois c’est nul et parfois non.


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Je suis Dimitri Régnier, producteur d’émotions. Je fais des podcasts, une newsletter et un blog. Si vous appréciez ce travail, merci de me soutenir. Les contributions, même modestes, sont une réelle motivation.

Couverture : Generative Placeholders